Chape (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XI e siècle, au sens de « manteau ». Du bas latin cappa, « sorte de capuchon », qui a pris le sens de « manteau à capuchon », puis de « vêtement de cérémonie des prêtres ou des moines ».
1. Longue cape agrafée par-devant, que l'officiant revêt durant certaines cérémonies. Chape de drap d'or, de satin, de damas. Une brodée. La violette, blanche, noire. Chape rouge, à capuce doublé d'hermine, que portaient les cardinaux.
2. Par anal. Ce qui recouvre, enveloppe, protège. Mettre la sur l'alambic. La d'une poulie, pièce en forme de « U » renversé, coiffant et retenant son axe. La d'une épée, la garniture de son fourreau. La d'un pneumatique, sa bande de roulement. La d'une voûte, l'enduit de mortier dont on recouvre l'extrados. Loc. fig. Chape de plomb, ce qui pèse, écrase, paralyse. La chaleur pesait comme une de plomb.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Vêtement d'église, en forme de manteau, qui s'agrafe par-devant et va jusqu'aux talons, et que portent l'évêque, le prêtre officiant, les chantres, etc., durant certaines parties du service divin. "Chape de drap d'or, de satin, de damas. Chape en broderie. Chape violette. Chape noire."
Il se dit aussi de l'Habit que portent les cardinaux et qui a un capuce doublé d'hermine. "Chape rouge."
Il désigne par analogie, en termes d'Arts, Certaines choses qui s'appliquent sur d'autres qui servent à les couvrir, à les envelopper, telles que l'Enduit de mortier dont on recouvre l'extrados d'une voûte, le Couvercle d'un alambic, la Futaille qui recouvre un tonneau de vin, etc. "La d'une voûte. Mettre la sur l'alambic. Chape de poulie."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Sorte de manteau long, sans plis et agrafé par devant, que portent l'évêque, le célébrant, les chantres, etc. durant l'office ; se dit aussi de l'habit à capuce fourré d'hermine des cardinaux, et du grand manteau de drap ou de serge des chanoines.
VOLT.: « L'évêque de Ptolémaïs portait la par-dessus la cuirasse »
    Fig. Se disputer de la à l'évêque, se dit de gens se disputant pour une chose qui n'est pas leur et qu'ils ne doivent point obtenir.
LA FONT.: « De la à l'évêque, hélas ! ils se battaient La à l'évêque signifie, suivant une construction ancienne et populaire, la de l'évêque. »

 2   En parlant d'un oiseau, partie du plumage qui recouvre le dos et qui est d'une couleur différente du reste.
CHATEAUB.: « Les oeufs du bouvreuil sont ardoisés comme la de son dos »

 3   Anciennement, , le même que cape, sorte d'ample vêtement.
    Sous , à la sourdine. On dit présentement sous cape.
MOL.: « Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort, Et vous menez, sous , un train que je hais fort Les éditions rajeunies ont : sous cape. »

 4   Se dit, dans les arts, de certaines choses qui s'appliquent sur d'autres, les couvrent, les enveloppent. La d'une voûte, le mortier qui recouvre l'extrados. La d'un alambic, le couvercle. Chape de poulie, la monture d'une ou de plusieurs poulies. La d'une boucle, la partie par où elle tient au soulier, à la ceinture, etc.
    Couvercle bombé qui, mis sur les plats, tient les mets chauds et les préserve de la poussière.
    Double futaille qui sert d'enveloppe à un baril de poudre et aux tonneaux de vin que l'on expédie au loin.
    Partie des mitaines qui recouvre le dos de la main.
    Terme d'imprimerie. Petit calibre de tôle, taillé à l'extrémité comme une matrice de lettre.
    Terme de musique. Planches qui, portant les tuyaux d'orgue, servent de couverture au sommier, et où se fait la distribution du vent.

 5   Terme de marine. Petit cône creux fixé au milieu de l'aiguille d'un compas, et posé sur le pivot vertical qui s'élève du fond de la boîte de la boussole.

 6   Couche de mortier que l'on étale avant de poser le pavé.

 7   Pièce de cuivre qui enveloppe le touret des graveurs sur pierres fines.
    Morceau de métal arrondi qui borde l'extrémité supérieure d'un fourneau.
    Enveloppe qui assujettit les différentes pièces d'un moule.
    Composition dont on couvre les cires pour former le moule dans les grands ouvrages de fonderie.

 8   Chape-chute, voyez CHAPE-CHUTE.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XL: N'a tel vassal sous la cape du ciel
    XIIème siècle
WACE: « Une à pluie afubla, De sus la se fist ceindre »
WACE: « À Lungeville aveit un villan païsant, Qui aveit sis bels boefs e sa charrue avant ; Fame aveit espusée, ne sai s'out nul enfant ; Mez la fame esteit auques de ses mains aerdant [voleuse] ; Chape chaete prist, s'el n'eüst bon garant ; Tant ala cel mestier comme fole menant, Que la fin en fu male, e co [ce] fu avenant »
     Th. le mart. 37: Dunc s'esteit desparé de l'aube senz delai, En e en surpliz remist [resta]....
     ib. 160: En une à pluie qu'il soleit chevalchier
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, 88: Que li prestre qui avoient capes à manches les averoient reondes
     Ren. 15972: Demain matin quant tu venras, Soz ta en ta main tenras Tot coiement une coignie Qui soit trenchant et aguisie
     ib. 9576: Cil s'enfuient, Renart eschape, Dès or gart bien chascun sa
     la Rose, 11458: Ge fais entendant par ma Que li riches est entechiés, Plus que li povres, de pechiés
     ib. 398: Si ot [vieillesse] d'une forrée Moult bien, si cum je me recors, Abrié et vestu son corps
     ib. 8549: Vous faites de moi à pluie, Quant orendroit lès vous m'apuie
RUTEB.: « Mes orguex, qui toz biens esmonde, I a tant mis iniquité Que par lor grant roonde [les ordres mendiants] Ont versé [renversé] l'université »
JOINV.: « Le chevalier ne fu pas esbahi, aincois le prist par la et li dist.... »
    XVIème siècle
DU BELLAY: « De chappes, de rochetz... »
AMYOT: « Après quelques sacrifices faits, il vest la chappe de pourpre de la deesse Proserpine »
PARÉ: « Deux vaisseaux qu'on nomme en un mot alembic : l'un d'iceux est appelé proprement cucurbite ou vaisseau contenant : l'autre est dit chapiteau ou , auquel sont amassées les vapeurs converties en eau, pour ce qu'il represente quelque certaine forme et figure de chef ou de teste »
O. DE SERRES: « Ces couvertures sont grands aux façonnés comme cloches larges par bas, ou comme s d'alambics »
O. DE SERRES: « La chappe ou cloche, sous laquelle s'amassent les vapeurs des matieres distillées »
RÉGNIER DE LA PLANCHE: « M. de T***, sortant de la maison d'une dame, avoit failli d'estre maltraité par certains ruffians qui cherchent volontiers des s cheutes à l'entour de telles personnes »

ÉTYMOLOGIE
    Picard, cape ; provenç. et espagn. capa ; ital. cappa ; bas-lat. capa, quia quasi totum capiat hominem, dans Isidore ; du latin capere, contenir, prendre (voy. CAPABLE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE CHAPE. Ajoutez :

 9   Matière textile faite avec les frisons et la bourre de soie, dite aussi fleuret.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Vêtement d'église, en forme de manteau, qui s'agrafe par devant, et va jusqu'aux talons, et que portent l'évêque, le prêtre officiant, les chantres, etc., durant le service divin. "Chape de drap d'or, de satin, de damas. Chape en broderie. Les chantres qui portent . Il avait la . L'archevêque vint recevoir le roi en et en mitre."
Prov. et fig., "Disputer, se débattre de la à l'évêque," Disputer à qui appartiendra une chose qui n'est et ne peut être à aucun de ceux qui se la disputent.
Prov. et fig., "Chercher -chute," Chercher occasion de profiter de la négligence ou du malheur de quelqu'un. On dit dans un sens analogue, "Trouver -chute." Les phrases, "Chercher -chute, trouver -chute," signifient aussi, Chercher ou trouver quelque aventure désagréable, fâcheuse. Ces manières de parler ont vieilli.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de L'habit que portent les cardinaux, et qui a un capuce doublé d'hermine. "Chape rouge. Chape violette. Chape noire."
Il se dit également Du grand manteau de drap ou de serge que les chanoines séculiers et réguliers portent au choeur durant l'hiver.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



désigne encore, dans les Arts, Certaines choses qui s'appliquent sur d'autres, qui servent à les couvrir, à les envelopper, telles que l'enduit de mortier dont on recouvre l'extrados d'une voûte, le couvercle d'un alambic, etc. "La d'une voûte. Mettre la sur l'alambic."
"Chape de poulie," La monture d'une ou de plusieurs poulies.
"La d'une boucle," La partie de la boucle par laquelle elle tient au soulier, à la ceinture, etc.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Vêtement d'Église en forme de manteau, qui s'agraffe pardevant, et va jusqu'aux talons, et que portent l'Évêque, le Prêtre Officiant, les Chantres, etc. durant le Service Divin. "Chape de drap d'or, de satin, de damas. Chape en broderie. Les Chantres qui portent . Il avoit la chape. L'Archevêque vint recevoir le Roi en et en mitre".
Il se dit aussi De l'habit que portent les Cardinaux, qui a un capuce doublé d'hermine. "Chape rouge. Chape violette. Chape noire".
Il se dit aussi De ce grand manteau de drap ou de serge, que les Chanoines séculiers et réguliers portent au choeur durant l'hiver.
On dit figurément et proverbialement, "Disputer, se débattre de la à l'Évêque," pour dire, Disputer à qui appartiendra une chose qui n'est et ne peut être à pas un de ceux qui se la disputent.
On dit proverbialement, "Chercher chape-chute," pour dire, Chercher occasion de profiter de la négligence ou du malheur de quelqu'un.
On dit dans le même sens, "Trouver chape-chute;" ce qui vient de ce qu'autrefois "Chape" signifioit un manteau. Aujourd'hui on dit plus communément, "Chercher -chute;" et "Trouver chute, " pour dire, Trouver quelque chose de désagréable, à la place de ce qu'on cherchoit d'avantageux.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Chape, se dit aussi Du couvercle d'un alambic. "Mettre, la surl'alambic". En ce sens l'a de est bref, au lieu que la prononciation en est longue, en parlant de la d'un Évêque.
On appelle aussi "Chape," La partie de la boucle par laquelle elle tient au souier ou là la ceinture.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Chape, Le bout des mitaines des femmes, ce qui couvre le dos des doigts de la main.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Sorte de long & ample manteau qui va jusqu'aux talons. Il se dit principalement de cet ornement d'Église appelé Pluvial, qui s'agraffe par devant, & qui se porte par l'Évêque, le Prêtre Officiant, les Chantres, &c. durant le Service Divin. "Chape de drap d'or, de satin, de damas. Chape en broderie. Les Chantres qui portent . Il avoit la . L'Archevêque vint recevoir le Roi en & en mitre."
Il se dit aussi De l'habit que portent les Cardinaux, qui a un capuce doublé d'hermine. "Chape rouge. Chape violette. Chape de rose sèche."
Il se dit aussi De ce grand manteau de drap ou de serge, que les Chanoines séculiers & réguliers portent au choeur durant l'hiver.
On dit proverbialement, "Chercher -chute," pour dire, Chercher occasion de profiter de la négligence ou du malheur de quelqu'un.
On dit dans le même sens, "Trouver -chute;" ce qui vient de ce qu'autrefois "Chape" signifioit un manteau. Aujourd'hui on dit plus communément, "Chercher -chute," & "Trouver -chute," pour dire, Trouver quelque chose de désagréable, à la place de ce qu'on cherchoit d'avantageux.
On dit figurément & proverbialement, "Disputer, se débattre de la à l'Évêque," pour dire, Disputer à qui appartiendra une chose qui n'est & ne peut être à pas un de ceux qui se la disputent.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi Du couvercle d'un alambic. "Mettre la sur l'alambic." En ce sens l'"a" de est bref, au lieu que la prononciation en est longue, en parlant de la d'un Évêque.
On appelle aussi "Chape," La partie de la boucle par laquelle elle tient au soulier ou à la ceinture.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

Sorte de long et ample manteau, qui va jusqu'aux talons. Il se dit sur-tout de l'ornement d'Église apelé "pluvial"; de l'habit de cérémonie des Cardinaux, de l'habit de choeur pendant l'hiver. (Dans plusieurs Chapitres on a quité "la " pour le camail.)
   "Chape" se dit aussi du couvercle d'un alambic et de la partie d'une boucle, par laquelle elle tient au soulier, ou à la ceintûre.
   On dit, proverbialement, "Disputer", ou "se débatre de la à l'Évêque". Contester sur une chôse où l'on n'a point d'intérêt.
- "Chercher chute", se gouverner de façon qu'on s'atire quelque chôse de fâcheux. "Trouver chute"; trouver quelque chôse de désagréable à la place de ce qu'on cherchait d' avantageux. Voyez PROVENDE.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Sorte de long, grand & ample manteau qui va jusqu'aux talons. Il se dit de cet ornement d'Eglise qui s'agraffe pardevant, & qui se portent par l'Evesque, le Prestre officiant, les Chantres, &c. durant le service divin. "Chape de drap d'or, de satin, de damas. en broderie. les Chantres qui portent . il avoit la sur les espaules. l'Archevesque vint recevoir le Roy en & en mitre".
Il se dit aussi de ce grand manteau de drap ou de serge que les Chanoines, Chanoinesses, & quelques Religieux portent au choeur durant l'hyver.
On dit, "Chercher, trouver -chute," pour dire, Chercher, trouver un hazard, une occasion imprevûë de profiter aux dépens d'autruy.
On dit aussi par raillerie, qu'"Un homme a cherché, a trouvé -chute", pour dire, qu'Il a cherché quelque meschante rencontre où il a esté mal traité.
On dit fig. & prov. "Disputer, se debattre de la à l'Evesque," pour dire, Disputer d'une chose, qui n'est & ne peut estre à pas un de ceux qui en disputent.
"Chape," ou Chapelle, signifie aussi, Le couvercle d'un alambic.




Emplacement dans le dictionnaire :

chanvre
chanvrier
chaologique
chaos
chaôs
chaotique
chapardage
chapardeur
chapé

chape-chute
chape-chuter
chapeau
chapechute
chapelain
chapeler
chapelet
chapelier
chapelle
chapellerie
chapelûre




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...emmener. Ayant aspergé les planches d'eau bénite, puis ayant murmuré une dernière oraison, le vieux prêtre s'en alla, suivi du chantre, de la croix d'argent portée par l'enfant de choeur. La lourde chape noire balayait de ses plis cassants les herbes folles, et il marchait à pas lents, solennels, lourds de rêverie, comme s'il eût emporté avec lui les consolations éternelles. Les assistants s'approchè...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...coûteuses et de timbales en vermeil ! Vraiment, elle devait être cette fée des contes. Il s'endormit accru d'un espoir, celui de la voir, le lendemain ou un peu plus tard, offrir une calèche, une chape d'évêque. Qu'elle eût dissimulé sa fortune sous les apparences sordides, cela lui semblait un art excellent, qui la faisait double, la rendait mystérieuse, lointaine, un peu divine. à quelques jours...


Citation n°3 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...ne ressemblait pas plus à celui que je trouvais ici qu'une vieille toile, dure comme une planche, ne ressemble à de la percale. Ce n'était pas la même religion. Mes vieux prêtres, dans leur lourde chape romane, m'apparaissaient comme des mages, ayant les paroles de l'éternité ; maintenant, ce qu'on me présentait, c'était une religion d'indienne et de calicot, une piété musquée, enrubannée, une...


Citation n°4 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...; elle était morte. Sans doute habituée à une existence sédentaire, à une humble vie passée sous sa pauvre carapace, elle n'avait pu supporter le luxe éblouissant qu'on lui imposait, la rutilante chape dont on l'avait vêtue, les pierreries dont on lui avait pavé le dos, comme un ciboire. V en même temps que s'appointait son désir de se soustraire à une haïssable époque d'indignes muflemens, le...


Citation n°5 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...par la tente et le matériel compliqué qui le gonflait, pesait terriblement aux épaules. Beaucoup n'avaient point l'habitude de le porter, gênés déjà dans l'épaisse capote de campagne, pareille à une chape de plomb. Brusquement, un petit soldat pâle, les yeux emplis d'eau, s'arrêta, jeta son sac dans un fossé, avec un grand soupir, le souffle fort de l'homme à l'agonie qui se reprend à l'existence....


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